La Tunisie prévoit d'émettre environ 1,8 milliard de dollars d'obligations souveraines sur les marchés internationaux en 2014 avec des garanties apportées par les États-Unis et le Japon, ainsi que 435 millions de dollars de sukuk (obligations compatibles avec la charia).
Chedly Ayari est le gouverneur de la Banque centrale de
Tunisie.
Le nouveau gouvernement tunisien compte lever près de 1,88 milliard de dollars
en obligations souveraines sur les marchés internationaux en 2014. "Nous
comptons émettre 880 millions de dollars avec la garantie des États-Unis et 1
milliard de dollars avec une garantie du Japon. Nous avons déjà l'approbation
des deux gouvernements et nous allons essayer de réaliser ces opérations durant
la première moitié de 2014", a expliqué Chedly Ayari, le gouverneur de la Banque
centrale tunisienne, au cours d'une interview accordée à Reuters.
La Tunisie compte également émettre 700 millions de dinars (435 millions de
dollars) en obligations sukuk (compatibles avec la charia), "entre avril et mai
2014", a indiqué Chedly Ayari. Ces émissions se feront, elles aussi, grâce à une
garantie externe, en l'occurrence, celle de la Banque islamique de développement
(BID).
Nouvelles portes
"La fin de la crise politique, l'approbation de la nouvelle constitution et
l'installation d'un gouvernement indépendant ont ouvert des portes jusqu'à
présent fermées à l'économie tunisienne", a-t-il reconnu.
En effet, l'annonce de ces nouvelles émissions et du soutien apporté par les
États-Unis et le Japon intervient après que le Fonds monétaire international a
approuvé, le 29 janvier dernier, le versement de 500 millions de dollars, la
seconde tranche d'un prêt à taux concessionnel de 1,7 milliards approuvé en
2013. Sur l'ensemble de l'année 2014, le FMI débloquera au total 1,3 milliard de
dollars pour la Tunisie. L'union européenne s'est quant à elle engagée à
apporter 250 millions d'euros au pays au cours des prochains mois.
Concessions
Le soutien des bailleurs de fonds vient toutefois avec de claires attentes,
notamment en ce qui concerne la gestion économique du pays et la conduite de la
transition démocratique. Aussi, pour obtenir le prêt du FMI, la Tunisie s'est
engagée à réduire son déficit budgétaire, qui a atteint 8,3% du PIB au début de
l'année, et celui de sa balance commerciale. La Banque centrale s'est engagée,
pour sa part, à ramener le taux d'inflation à 5,4% en 2014, contre 6,1% en 2013,
a déclaré Chedly Ayari.
Jeuneafrique
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